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jeudi, 13 mars 2008
De guerre lasse
En étudiant la première guerre mondiale il y a de ça quelques années, je me suis mise à compter les Poilus. Depuis hier, il n'en reste plus un. Epilation définitive : Lazare Ponticelli et ses 110 printemps sont morts, comme beaucoup d'autres. Il va falloir que je compte autre chose.
Lundi matin, il aura droit à des obsèques nationales qu'il a d'abord refusé, puis accepté après le 20 Janvier, lorsque son dernier compagnon d'arme est mort.
Des obsèques nationales, à lui, le petit Italien immigré au début du XXème siècle et qui s'est battu pour un pays qui ne l'a peut être pas accueilli à bras ouverts à son arrivé. Il n'était qu'un petit rital à l'époque, mais il a rejoint la légion étrangère avant de devoir rejoindre l'armée italienne. De retour en France, il fonde une petite entreprise avec ses frères puis en 1942, entre dans la resistance en regagnant Paris lorsque la zone sud est prise en main par les allemands. Lazare est un héros, il s'est battu pour son Pays, il semble avoir fait tout ce qu'il fallait, même s'enreichir parce que son entreprise est aujourd'hui une petite multinationale qui emploie 3500 personnes. La pauvreté dans la montagne italienne est bien derrière lui. Il l'a réalisé son rêve. Il n'est pas le seul, je suis allée à l'école, je suis devenue un vrai petit modèle de réussite républicaine.
Quand j'étais petite, je croyais qu'en France et en Europe, on avait signé des papiers pour dire qu'on ne ferait plus la guerre. C'était ma façon à moi de me dire que tout allait bien. Je me souviens de la première guerre du golfe qui me faisait peur le matin à la place des dessins animés. Je me souviens de la Yougoslavie, puis du Kosovo, de la Tchétchénie, de l'Irak...
Cette guerre, on ne savait pas pourquoi on la faisait. On se battait contre des gens comme nous (Lazare Ponticelli)
J'ai appris ce matin que des pays musulmans avaient bel et bien boycotté le Salon du Livre et son invité officiel : Israël. Il semble que certains écrivains savent ce qu'ils font, et qu'ils ne se battent pas contre des gens comme eux.
Je n'ai pas toujours tout compris au conflit Israëlo/Palestinien. Je pensais seulement qu'entre écrivains on pouvait parfois oublier les bruits de canons et travailler pour la paix sous les crissements d'une plume et les tapotis d'un clavier.
Il y aura des tables vides, pas de dédicaces, des regards attristés et des petits sourires de dépits.
Je vais à ma leçon de conduite.
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