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dimanche, 06 janvier 2008

Mémoire courte.

Voilà ma grand mère paternelle. Je n'ai d'elle aucuns souvenirs. Certains grands parents meurent quand vous êtes grands et on est très triste, et d'autres s'en vont quand vous êtes trop petites pour vous en souvenir. Si bien que vous oubliez tout d'eux.

Je ne connais pas son parfum, le surnom qu'elle m'a peut-être donné. je n'ai aucun souvenir des baisers qu'elle a du me donner, ou du son de ces berceuses. Je ne sais pas où elle habitait. Je sais peu de choses d'elle, mon père n'est pas un bavard. Même son prénom m'est inconnu. Longtemps elle n'a été pour moi que la mère de mon père, je n'avais jamais vu de photo d'elle, ou alors je ne m'en souvenais pas. Je ne peux pas parler d'elle en disant Mamie, Bonne Maman, Granny ou Nana.

Et puis mon père a scanné de vieilles diapos qu'il a retrouvé chez ma tante, dans les affaires de mon grand père. Mes grands parents paternels étaient divorcés. Il faudrait que je vous parle de cet autre grand père que j'ai voulu ne pas aimer pendant des années...

Soirée en famille. Mon père, ma soeur, moi. Des diapos et un scanner qui leur redonne vie. Et puis cette robe bleue, ces jolies boucles, cette mobylette, la fin des années 50... La famille n'est jamais là où on l'attend.

Image hébergée par servimg.com

Mon père a aussi retrouvé des photos de sa grand mère. Nous lui avons donc demandé son prénom. Pas de réponse. C'était semble t'il une femme assez originale, qui se faisait appeller Rose ou Violette. Ma tante a retrouvé ses papiers, doit être en mesure de nous le donner. Cette anecdote m'amuse. Mon père et moi ne connaissont pas les prénoms de nos grands mère. Je sais qu'il me suffirait de poser la question mais je n'ose pas. Et puis c'est peut être un trait de famille. Je vais en rester là.

Et mince...

j'apprends à l'instant que nous les socialistes ( c'est à dire les meilleurs gens du monde, hein, n'oubliez pas Emmanuelli c'est nous qu'on a la chance de l'avoir! Et George Frèche, hein George Frèche, si c'est pas un mec sympa...), on vient encore de diminuer dans nos rangs.

Raymond Forni, ancien Président de l'Assemblée Nationale, Président de la région Franche-Comté, est mort le 5 Janvier. Ils se sont trompé, c'est pas Chevènement!

Pour s'attrister de sa disparition, parce que moi je m'attriste vraiment,( en plus je vais pas pouvoir faire de stage chez lui en lui racontant des poèmes sur l'origine immigrée italiénne de nos deux familles...), je vais reprendre une phrase de ma vieille copine Marie George Buffet ( oui on est copine elle et moi...)

"en ces temps troublés, où l'étranger est stigmatisé et chassé, où les plus démunis et les plus faibles sont opposés les uns aux autres, où les valeurs de solidarité et la justice sociale sont si durement attaquées, il n'est pas inutile de rappeler ce que Raymond Forni exprima au perchoir de l'Assemblée nationale le 29 mars 2000 : "Sa reconnaissance à l'égard de la République, celle d'hier, celle de demain, la République qui accueille, qui éduque, qui rassemble, sans distinction de race, d'origine, de couleur, de religion".

Reviens Carla, il n'est pas trop tard^^